L'ISO 26000 occupe une place particulière dans le paysage des normes : elle ne se certifie pas, mais elle structure la pensée RSE de la plupart des référentiels existants, y compris le label de la CGEM. Pour un dirigeant marocain qui souhaite bâtir une démarche cohérente plutôt qu'une juxtaposition d'initiatives, elle constitue le meilleur fil conducteur.

Une norme de lignes directrices, pas de certification

Publiée en 2010, l'ISO 26000 est une norme de lignes directrices. Elle ne donne pas lieu à une certification par un organisme, contrairement à l'ISO 9001 ou l'ISO 14001. Cette particularité est souvent mal comprise : on ne peut pas « être certifié ISO 26000 ». En revanche, on peut s'en inspirer pour structurer sa démarche et démontrer son alignement, ce que valorisent ensuite des labels et des notations.

Cette nature non certifiante est en réalité une force : elle évite la course à la conformité formelle et recentre l'attention sur le fond, c'est-à-dire l'intégration réelle de la responsabilité dans les décisions et les opérations.

Sept questions centrales

Le cœur de la norme repose sur sept questions centrales qui couvrent l'ensemble du champ de la responsabilité sociétale.

  • La gouvernance de l'organisation, socle transversal.
  • Les droits de l'Homme.
  • Les relations et conditions de travail.
  • L'environnement.
  • La loyauté des pratiques.
  • Les questions relatives aux consommateurs.
  • Les communautés et le développement local.

Point clé

La gouvernance n'est pas une question centrale comme les autres : elle conditionne la capacité de l'organisation à agir sur les six suivantes, et c'est par elle que toute démarche crédible commence.

Des principes structurants

Au-delà des questions centrales, l'ISO 26000 énonce sept principes : redevabilité, transparence, comportement éthique, reconnaissance des intérêts des parties prenantes, respect du principe de légalité, prise en compte des normes internationales de comportement et respect des droits de l'Homme. Ces principes fournissent une boussole pour arbitrer les situations où les règles ne suffisent pas.

L'ISO 26000 ne demande pas à une organisation de tout traiter en même temps, mais d'identifier honnêtement ses domaines d'action pertinents et de progresser de manière continue et vérifiable.

Le rôle central des parties prenantes

La norme insiste sur l'identification et le dialogue avec les parties prenantes : salariés, clients, fournisseurs, communautés, pouvoirs publics. C'est par ce dialogue que l'entreprise cerne ses domaines d'action pertinents et hiérarchise ses priorités, plutôt que d'appliquer un modèle générique déconnecté de son contexte.

En résumé

L'ISO 26000 offre un cadre universel et non certifiant pour structurer une démarche RSE cohérente autour de sept questions centrales et d'un dialogue exigeant avec les parties prenantes. Au Maroc, elle constitue le socle conceptuel sur lequel s'appuient les démarches de labellisation et de notation, et reste la meilleure porte d'entrée pour qui veut bâtir une RSE de fond.