Le réflexe, face à un grand projet, reste de chercher un bailleur du Nord. Pourtant, la coopération Sud-Sud — entre pays émergents et en développement — est devenue un levier de financement et d'expansion concret, particulièrement pertinent pour les opérateurs marocains tournés vers l'Afrique.
Une autre logique de partenariat
La coopération Sud-Sud repose sur l'échange entre pays partageant des réalités comparables : contraintes similaires, solutions adaptées, transfert de savoir-faire pertinent. Elle se traduit par des financements, mais aussi par du partage d'expertise, des partenariats commerciaux et des co-investissements.
Pour le Maroc, positionné comme hub entre l'Europe et l'Afrique subsaharienne, cette coopération prolonge naturellement une stratégie d'expansion continentale déjà à l'oeuvre dans la banque, l'assurance, les télécoms et l'industrie.
Les canaux de financement
- Les banques régionales et fonds de développement africains, qui financent l'intégration économique du continent.
- Les fonds souverains et institutions de pays émergents partenaires, actifs sur les infrastructures africaines.
- Les co-investissements entre opérateurs de plusieurs pays du Sud sur un même projet.
La coopération Sud-Sud ne se mesure pas seulement en capitaux : sa valeur tient à la pertinence des solutions échangées entre pays qui affrontent les mêmes défis, là où les modèles importés du Nord échouent parfois.
Avantage marocain
La présence ancienne des groupes marocains en Afrique de l'Ouest et centrale crée un terrain favorable : réseaux établis, connaissance des marchés et crédibilité régionale facilitent les partenariats Sud-Sud.
Combiner les approches
La coopération Sud-Sud ne remplace pas les bailleurs classiques : elle les complète. Les montages les plus solides associent souvent un financement multilatéral, un partenaire régional et un opérateur local. Cette articulation, dite coopération triangulaire, conjugue capitaux, expertise et ancrage de terrain.
En résumé
La coopération Sud-Sud offre aux opérateurs marocains un levier de financement et d'expansion adapté aux réalités africaines, via banques régionales, fonds émergents et co-investissements. Sa force tient à la pertinence des solutions partagées ; combinée aux bailleurs classiques en montage triangulaire, elle démultiplie les possibilités.