Les financements arabes restent un angle mort pour beaucoup d'opérateurs marocains, qui se tournent par réflexe vers les bailleurs européens. Pourtant, la Banque Islamique de Développement et le Fonds Arabe pour le Développement Économique et Social financent des projets structurants dans la région depuis des décennies.
La Banque Islamique de Développement
La BID est une institution multilatérale dont le Maroc est membre fondateur. Sa particularité tient à ses instruments, conformes à la finance islamique : pas d'intérêt classique, mais des montages comme la mourabaha, l'ijara ou l'istisna, qui structurent le financement autour d'actifs réels.
Elle intervient sur les infrastructures, l'énergie, l'agriculture, le commerce et le développement humain. Son bras dédié au commerce et son guichet secteur privé élargissent l'éventail au-delà du seul financement souverain.
Le Fonds Arabe (FADES)
Le FADES finance principalement des projets de développement portés par les États arabes membres : grands ouvrages, réseaux, projets régionaux d'intégration. Ses prêts sont concessionnels, avec des durées longues et des conditions favorables, ce qui en fait un partenaire de choix pour les infrastructures lourdes.
L'intérêt des bailleurs arabes ne se limite pas à la liquidité : ils offrent une alternative culturelle et financière aux montages occidentaux, avec des instruments adossés à des actifs et une logique de partenariat régional.
Ce qu'il faut savoir avant de candidater
- Le guichet souverain reste dominant : beaucoup de projets passent par l'État ou des établissements publics.
- Le secteur privé dispose de guichets spécifiques, notamment via les filiales de la BID.
- La conformité à la finance islamique structure la nature des montages, pas seulement leur habillage.
Ancrage marocain
Le Maroc figure parmi les bénéficiaires réguliers de ces institutions, avec des financements cumulés portant sur l'énergie, l'eau, les transports et l'agriculture.
Comment se positionner
Un porteur privé gagne à explorer les guichets entreprises de la BID et à vérifier l'éligibilité de son projet aux instruments conformes à la charia. Pour les grands projets d'infrastructure, l'articulation avec un portage public ou un cofinancement reste souvent la voie la plus solide.
En résumé
La BID et le FADES offrent des financements concessionnels et conformes à la finance islamique, sous-exploités par les opérateurs marocains. Cibler le bon guichet, comprendre la logique d'actifs réels et envisager le cofinancement ouvre une alternative crédible aux bailleurs traditionnels.